Herbert Fergan baissa le front. Ses joues rasées rougirent. Et, docilement, il commença de parler:

—Le 10 août ... le 10 août, vous avez été timides, très timides... Vous ne saviez pas, vous ne sentiez pas que vous étiez les plus forts. Vous n'avez pas eu foi en vous. Et vous vous êtes battus comme des gens qui ont peur de la défaite: trop sagement, trop habilement, de trop loin. Le seul secret anglais, c'est l'audace. Pour vaincre cette mer, il faut d'abord se préparer avec méthode et prudence, puis se ruer avec fureur et folie. Ainsi firent Rodney, Nelson et le Français Suffren... Par conséquent, pour la conduite du feu...


XII

... La porte, sans bruit, avait glissé dans sa rainure. Et la marquise Yorisaka était sortie.

Hors du salon, elle s'arrêta. Elle écouta, attentive.

Les voix d'Herbert Fergan et du marquis Yorisaka alternaient en phrases paisibles. A travers la cloison mince, des noms historiques passèrent, Rodney, Nelson, Suffren...

La marquise Yorisaka, d'un geste lent, toucha, du bout de ses doigts, ses deux tempes. Puis, marchant à pas muets, elle s'éloigna de la cloison.

La chambre attenant au salon n'était qu'un cabinet étroit, vide de meubles. La marquise Yorisaka traversa ce cabinet, traversa la pièce qui lui faisait suite, et parvint à l'aile extrême du logis.

Là, un couloir presque obscur s'allongeait entre deux panneaux de papier uni, surmonté de frises ajourées. Au fond, deux portes à coulisse se faisaient face. La marquise Yorisaka fit glisser la porte de gauche.