—Réellement, j'ai un remords de vous retenir quand vous êtes à ce point épuisé... Il vaudrait mieux que vous alliez vous coucher, comme a fait miss Vane...

Il était tout près du lit. Il s'agenouilla, prit la main pendante, et, passionnément, appuya sa bouche sur la chair du bras tiède:

—O Betsy! ce soir par exception, daignerez-vous ne pas me faire trop souffrir?

Elle pencha sa tête vers lui:

—Êtes-vous bien certain que vous n'aimeriez pas davantage rentrer dans votre chambre et faire une peinture de ces rues, telles des améthystes?... Non?...


XV

Mrs. Hockley, dès le lendemain, accompagna Jean-François Felze chez la marquise Yorisaka. Ou plutôt, elle l'y conduisit.

A son habitude, la marquise Yorisaka reçut ses visiteurs le plus aimablement du monde. Mais le but officiel de la visite fut manqué: il ne put être question de commencer le portrait «en travesti». La marquise, quoique bien avertie, se présenta vêtue de sa plus jolie robe parisienne. Et quand Felze lui fit le reproche, et réclama la toilette japonaise promise, il lui fut répondu qu'au dernier moment, on avait manqué du courage nécessaire pour endosser une vieille défroque.

—Je suis d'ailleurs heureuse de ce courage qui vous a manqué,—approuva Mrs. Hockley,—parce que vous êtes assurément beaucoup plus séduisante dans ce tea-gown.