Et il admira la diplomatie nipponne. Mrs. Hockley, très flattée, souriait:
—Oui. Cela est tout à fait bien. Car moi aussi, je préfère vous voir toujours avec des robes très belles. Le maître viendra donc ici demain, et je ne viendrai pas. Mais après-demain je viendrai et il ne viendra pas. Ainsi, les choses seront égales.
Elle réfléchit un instant:
—Je suis d'ailleurs persuadée que, malgré le costume barbare, la peinture sera parfaite, parce que le propre talent de François Felze est tourné vers les bizarreries.
Elle réfléchit encore:
—Seulement, est-il correct, et selon les coutumes de cette contrée, qu'un homme pénètre seul dans votre maison, tandis que votre mari est à la guerre?
—Bah!—fit la marquise Yorisaka, insouciante.
XVI
—Voulez-vous,—avait proposé la marquise Yorisaka, rougissant tout d'un coup sous son fard,—voulez-vous que je pose en véritable dame d'autrefois? Je le ferai pour que vous soyez content, et parce que vous m'avez promis de toujours garder ce portrait au fond de votre atelier, à Paris, et de ne jamais le montrer à personne... Oui: je songe qu'il y a ici un koto, et que je pourrais faire semblant d'en jouer, pendant que vous peindrez. Sur les kakemonos du temps jadis, les femmes de daïmios sont souvent représentées jouant ainsi du koto, car le koto était un instrument réputé très noble... Alors, si cela peut vous faire plaisir...