La Maison
des
Hommes vivants

Par
CLAUDE FARRÈRE

LIBRAIRIE DES ANNALES
Politiques et Littéraires
9, RUE BONAPARTE, 9
PARIS


A mes amis, Gérard d'Houville et Henri de Regnier, j'offre ce petit livre, témoignage très humble de mon admiration, de mon respect et de ma reconnaissance affectueuse.

C.F.


[LA MAISON DES HOMMES VIVANTS]

I

Aujourd'hui, 20 janvier 1909, je me résous, non sans trouble et non sans terreur, à écrire le récit exact de l'Aventure. Je m'y résous, parce que, après-demain, je serai mort. Après-demain, oui. Après-demain, sûrement.—Mort.—Mort de vieillesse. Je le sens. Je le sais. Je ne risque donc plus grand'chose à rompre le silence. Et je crois en vérité qu'il faut le rompre, pour le repos, la paix et la sécurité de tous les hommes et de toutes les femmes, ignorants et menacés. Moi, je ne compte plus. Après-demain je serai mort. Ceci est donc proprement mon testament,—mon testament olographe.