—Oui, amiral.
—Faites-lui téléphoner de seller votre cheval et de vous attendre n'importe où sur la route... Êtes-vous en tenue?
—Non, amiral. Le chef d'état-major nous autorise à porter des vêtements civils l'après-midi. Mais je puis monter comme je suis: j'ai des leggins et des éperons. Je comptais essayer tout à l'heure le nouveau pur-sang du colonel Lescaut.
—Parfait. Je vais vous envoyer immédiatement mon auto. Prenez-la. Allez à Solliès. Vous y serez à trois heures et demie. L'auto ne peut pas aller plus loin, je crois?
—Dans la direction du Grand Gap? Non, à coup sûr! De Solliès à Valaury, le chemin est à peine carrossable aux petites charrettes...
—Vous le connaissez bien, ce chemin?
—Assez bien. J'en ai fait la reconnaissance pendant les manœuvres de cadres, l'année dernière. Au-delà de Valaury, ce n'est plus qu'un sentier, un très mauvais sentier de montagne.
—Pourrez-vous y passer à cheval?
—C'est à cheval que j'y ai passé l'an dernier, amiral.
—Partez, alors. De Solliès-Pont au Grand Cap, vous mettrez au moins une heure et demie, et vous savez qu'il fait nuit noire à cinq heures...