Mme Sylva leva ses épaules maigres.
—«Quand Dieu voudra. Les mamans toutes sont pareilles, et mon enfant ne me quittera pas sans déchirer pour toujours mon vieux cœur; mais je ne suis point égoïste, et d'ailleurs, il faut bien que ma fille se marie, pour me donner des petits-enfants.
—Y a-t-il des maris, à Saïgon?
—Beaucoup trop, parce que ma Sélysette est riche. Mais nous choisirons à notre aise. J'aimerais mieux un mari qui ne fût pas colonial.
—Cela se trouve, fit d'Orvilliers; qu'en pense Sélysette?
—Rien du tout encore.
—Croyez-vous? Les petites filles sont cachottières.
—Pas la mienne,» affirma Mme Sylva.
Elle expliqua sa croyance.
«Ma fille n'est pas une fille d'aujourd'hui. Je l'ai faite pareille à moi, pareille à ce que fut ma mère. Je ne trouve pas que l'éducation des femmes soit en progrès. On dénigre les petites oies blanches de jadis; mais j'ai vu la génération nouvelle: c'est moins blanc et c'est plus oie.