«Oui, répéta-t-il; mais ce temps-là reviendra.»
Il fit apporter du vin de Syracuse, et commença de boire. Fierce, jadis, aimait ce vin; il en but aussi.
La gaîté cependant ne venait pas. Ils buvaient silencieux autour de la table ronde; et le lustre électrique projetait aux murs leurs ombres grandies et immobiles. Les tentures excluaient tout bruit du dehors; la chambre était muette comme un sépulcre.
Deux bouteilles étaient vides. La face de Mévil, blafarde tout à l'heure, se colorait peu à peu; mais il continuait de frissonner par intervalles, et regardait peureusement vers le noir de la porte ouverte.
—«Qu'y a-t-il donc là-bas? fit Torral en surprenant ce regard.
—Il n'y a rien.
—Alors?
—Un reste d'étourdissement: j'ai des fantômes en tête, ce soir....»
Torral jura et prit un journal.
—«La dernière semaine du théâtre; allons-y, ça vaudra mieux que de s'halluciner ici. Liseron joue, précisément.