Les boys desservirent. Sur la terrasse, Malais fit rapporter de son champagne. Ils continuèrent à boire en fumant des cigarettes turques. Fierce admira la fumée bleue qui se débattait dans le poudroiement des lampes électriques, pareille aux nuages tournoyants d'une chevauchée de Valkyries.
—«Vous aimez à rêver? dit Malais.
—Vous, pas.
—Non. Je n'aime pas les choses bâtardes. Rêver, ce n'est pas un travail et ce n'est pas un repos.
—Vous êtes un homme d'action.»
Fierce souriait, et il y avait du dédain dans son sourire. Mais Malais ne sembla pas s'en apercevoir.
—«Vous aussi! Un marin?
—Non, dit Fierce en souriant toujours. J'ai la livrée, je n'ai pas l'âme. Je suis plus que vous ne le pensez l'ami de Raymond Mévil.
—Tant pis,» dit simplement Malais.
Mais il conserva ses façons cordiales. Fierce, tel qu'il était, lui plaisait. Il le lui dit.