Us sortirent ensemble. Les piastres de Fierce sonnèrent dans sa poche lourde. Il pensa non sans mélancolie que tout ce gain ne lui donnait aucune joie.

—«Deux, trois mille piastres, pensa-t-il; au taux ordinaire des femmes, il y a pourtant là de quel payer le spasme de tout un régiment....»

—«Où allons-nous? demandait Torral.

—Au diable! la vie est stupide.»»


XII

Devant la vitrine du bijoutier à la mode, Fierce regardait, le front aux glaces.

Il cherchait un écrin parmi les écrins ouverts. Mais il y avait trop de choses dans l'étalage; il y avait trop de bagues et de bracelets; il y avait surtout trop de cette argenterie chinoise mince et cabossée qu'on fabrique à Hong-Kong: dans le scintillement des timbales, des tasses, des soucoupes et des aiguières, Fierce n'aperçut pas ce qu'il désirait.

Il entra dans la boutique. La Juive Fernande, une célébrité de Saïgon, vint à sa rencontre, et le salua de son sourire discret.

—«Je voudrais un bracelet, expliqua Fierce, un cercle d'or et d'émeraudes; vous l'aviez en montre, ces jours-ci....»