Rabœuf, pensif, avança d'un pied:

—Peut-être!—dit-il d'un ton las.—Peut-être! Et pourtant, je m'assieds chaque soir, comme vous dites, dans le fauteuil seigneurial de la villa Chichourle, et je m'y repose longtemps ... moins longtemps que je ne voudrais....

—Moins longtemps? pourquoi?

—Parce que le jour viendra, pour cette petite fille qui ne m'aime pas, qui ne peut pas m'aimer, d'oublier la reconnaissance qu'elle se figure me devoir.... Et ce jour-là....

L'Estissac secouait vivement la tête de droite à gauche:

—Non, mon vieux! Meilleur que vous ne pensez, le cœur de cette petite!... Elle se souviendra!...

Rabœuf regardait vers la terre:

—Elle se souviendra ... je veux bien.... N'empêche que, sur sa route, un Peyras repassera tôt ou tard.... Et pour qu'elle résiste alors à l'envie de le suivre une fois de plus....

Il se tut. Immobile, et les yeux toujours baissés, il continuait de regarder vers la terre. L'Estissac, muet aussi, regardait pareillement.

—Adieu!—dit Rabœuf tout à coup.