Sur la table de nuit, le réveille-matin sonna bruyamment. Célia, éveillée en sursaut, s'étira d'abord des deux bras en croix et des deux jambes détendues l'une après l'autre, puis, bondissant parmi les draps et les couvertures rejetés, s'accouda, la tête entre les poings, et vérifia que, tout de bon, il était cinq heures;—cinq heures du soir, naturellement.

—Oh! zut! Et la marquise qui m'a promis d'arriver avant les autres, pour le thé!

Elle appela, errant comme une sourde:

—Favouille!

Une gamine de treize ans, couleur de carotte, entrebâilla la porte et montra sa tête ébouriffée.

—Tu m'aurais laissé dormir jusqu'à la nuit, pas? Et c'est toi qui as remonté le réveil pour cette heure-ci?

—Dame! oui.... Comme d'habitude!

—Comme d'habitude! Petite brute!... Et le monde qui vient prendre le thé, tantôt? c'est-il comme d'habitude?... Arrive ici que je te giffle!

—Plus souvent!... Surtout que le monde ne sera pas ici de si tôt, allez, madame Célia! Grimpez pas, c'est guère la peine! L'eau est chaude pour votre tub, d'abord....

—Tu te fiches de moi?... Mon tub?... On verra avant le dîner, ou après.... Pour le moment, apporte une serviette et de l'eau de Cologne.... Bon!... Et puis mon peignoir.... Pas celui-ci! le blanc, en surah!... Tu ne sais pas ce que c'est que du surah, à présent?...