Elle vint docilement.
—Causons un peu,—reprit-il après l'avoir encore considérée, de tout près cette fois.—Voyons! Je pars dimanche pour Toulon, n'est-ce pas.... Moi parti, qu'allez-vous devenir au juste?
Elle allongea les lèvres, haussa les épaules et se tut.
—Oui,—dit-il:—vous n'en savez rien. Mais cherchons à nous deux.... Je pars dimanche, dimanche soir, à neuf heures quinze.... Vous m'accompagnez à la gare, pas, jolie madame?... Le train parti, vous rentrez, naturellement. Où rentrez-vous?
Elle hésita.
—Ici,—dit-elle enfin.
Elle regardait vers le sol. Il prit entre ses deux mains la tête baissée, et releva le visage vers lui.
—Ici,—il parlait à voix très douce.—Ici, pour ce soir-là, et peut-être pour quelques soirs encore.... Mais après?... Vous ne pourrez pas continuer longtemps d'habiter un quartier perdu.... Il faut vivre.... Vous retournerez d'où vous êtes venue.... Vous retournerez vers la rue de Moscou ou vers la rue de Calais ... vers le Moulin Rouge, vers les Folies-Bergère, vers Maxim's.... Oui!...
Elle ne protesta pas. Et elle haussa les épaules derechef,—résignée.
Il tenait toujours entre ses paumes les deux joues veloutées. Il les lâcha, et prit machinalement son mouchoir pour essuyer ses doigts.... Mais ce n'était pas la peine: les joues n'étaient pas poudrées du tout.