Une visite de la mosquée s'impose. Je me laisse conduire. La nef de marbre blanc, ciselée et dorée, est toujours la même merveille. Mais je crois que, l'autre fois, je n'avais pas senti si voluptueusement la douceur du jour qui tombe des vitraux.... C'est comme une pluie tiède qui descend jusqu'au fond de l'âme, une pluie de paix, d'oubli....

Exprès, je trébuche dans le tapis troué. L'iman, très confus, s'excuse. Mais, justement, c'est pour cela que je suis venu. Voilà, il se trouve que, depuis ma dernière visite, un héritage m'est en quelque sorte tombé du ciel, un héritage auquel, en toute équité, je n'ai pas droit, mais que je n'ai cependant pas pu refuser. Peu de chose, au demeurant: quelques pièces d'or. Mais, en conscience, j'estime que je dois rendre à Allah ce qui est à Allah.... Et justement le tapis neuf n'est pas encore acheté. Alors?...

Alors!... l'iman paraît tout à fait perplexe! Mais j'invoque fort à propos l'autorité de Mehmed pacha. Je déploie mon turc le plus pur, le plus persuasif. Et, finalement, les pièces d'or sont agréées....

Je les tire une à une du portefeuille qui les recèle. Il y en a sept, et deux plus petites. Huit livres turques en tout: un peu plus de neuf louis.

C'est fait. Allons:—Allaha ismarladik!

Adieu....

... Ces pièces d'or, que je ne devais pas garder, j'aurais pu, certes, m'en débarrasser n'importe comment, les jeter n'importe où. Mais c'est mieux ainsi.