[XXXIX]

J'ai trotté de Mehmed Sokoli jusqu'à la Marmara. Là, j'ai pris le galop. Tout le long de l'ancien mur qui était le front de mer de Byzance passent aujourd'hui la voie ferrée de San Stéphano et une route parallèle à la voie,—une route bonne pour les chevaux. Route et voie ferrée s'en vont jusqu'au bout de Stamboul, jusqu'à la Tour de Marbre, jusqu'à la grande Muraille où commence le cimetière d'Aziyadé.

Une fantaisie: je veux aller là-bas, dans le cimetière, je veux aller voir la place où quelqu'un tua sir Archibald Falkland,—tua pour voler, puisqu'on n'a rien retrouvé dans les vêtements du mort. Cette aventure fait beaucoup de bruit dans Péra, naturellement. Le meurtre d'un directeur de la Dette prend des proportions de crime d'État. Et les journaux n'en parlent qu'avec prudence.

Il y a presque deux lieues, de Mehmed Sokoli à la Tour de Marbre. J'aime cette longue route extérieure à la ville, d'où l'on découvre, à chaque vallée qui s'enfonce entre deux des sept collines, un nouveau quartier de Stamboul, jamais pareil aux autres, quoique toujours ceint et couronné de cyprès noirs et de minarets blancs.


... Koum-Kapou;—Yéni-Kapou;—Ak-Sérail;—Daoud-Pacha;—Psammatia....

Ah! voici Iédi-Koulé; et sa petite gare, la plus proche de la Tour. Je ... ne passerai pas par là. Il y a un autre chemin, plus à droite....

Un peu d'éperon, pour franchir ventre à terre la seule porte qui s'ouvre ici dans la muraille,—la porte des Sept Tours; pour franchir le chemin de ronde, le fossé, le talus....

Et le grand cimetière commence, coupé çà et là de champs, de vergers, de landes. Tout cela, formidablement désert.

L'endroit n'est pas bien loin. Les journaux l'ont indiqué, très clairement. Et j'ai lu tous les journaux. Je puis donc trouver. Je trouverai.