[109] Hist. Allem. part. 2, Aldov. p. 437.

[110] Aldovrandus ibidem.

[111] Strabon Liv. 3.

[112] Idem ibid.

Ils ne respectent gueres plus la France que les pays étrangers ; quelquefois des Provinces en sont inondées de façon, qu’on moissonne fort peu après eux ; la terre n’est couverte que de trous qui se communiquent, & d’où l’on voit incessamment passer des Rats ; ce sont des choses qu’on ne voit que trop souvent : cependant trois mois avant la récolte il eût peut-être été difficile de trouver deux Rats dans deux lieux de terrain.

Or l’on ne peut pas imaginer d’abord que quelques Rats dispersés dans un pays, puissent, dans un Eté, l’inonder de leur race ; ainsi on a formé differens sistêmes pour expliquer ce phénomene.

Le plus simple étoit peut-être de soupçonner, 1o. que les Rats ont pendant l’hiver des retraites qu’on ne connoît pas, & d’où ils sortent au printems en plus grand nombre qu’on ne pense ; 2o. que la premiere portée que font les anciens est bien-tôt en état d’en faire une seconde, cette seconde une troisiéme, la troisiéme une quatriéme, (comme cela est en effet) & peut-être au-delà. Ensuite on pourroit calculer à peu près le produit d’un nombre supposé, & je crois qu’alors on ne seroit pas si étonné de voir tant de Rats.

Mais on a trouvé qu’il étoit plus court d’imaginer confusément que les Rats sortent de la terre, sans s’embarrasser de quelle façon ; ou bien de croire purement & simplement qu’elle les produit par une vertu générative, selon le beau principe de l’ancienne Philosophie, que la corruption d’une chose est la génération d’une autre ; ou conformément aux idées des Epicuriens, persuadés que la Terre détrempée & échauffée par le Soleil, avoit produit par sa propre force les animaux qui l’habitent, & l’homme même. Il n’y a presque personne qui ne soit du sentiment des Epicuriens à l’égard des insectes, ausquels on ne donne d’autre principe de leur existence que la corruption ; mais on prétend démontrer la thèse à l’égard des Rats. [113]On assure que le Nil étant retiré, on voit dans les endroits où il a laissé son limon, des milliers de Rats à moitié formés : une partie en est déjà animée, & l’autre, qui n’est encore que bouë, prête à recevoir l’organization. Ainsi l’on pourroit voir sensiblement cette merveilleuse opération : mais un miracle de cette nature seroit de trop grande conséquence dans toute la Physique, pour le croire sur le témoignage de Pline.

[113] Ælien. Pline.

[114]Il n’est pas plus aisé de se persuader qu’il pleut des Rats en Thébaïde, ni [115]qu’il se soit trouvé des femelles de Rats qui portoient dans leur ventre d’autres femelles pleines ; & il faut sans doute avoir pour Aristote toute la foi qu’on avoit jadis pour ses idées dans les Colleges, pour croire sur sa parole, qu’une femelle sans mâle enfermée dans un boisseau de millet y fit cent vingt petits, & qu’en général elles peuvent toutes concevoir sans mâles en lêchant du sel, comme on a écrit des Jumens d’Espagne, qu’elles conçoivent en tournant la croupe au vent du midi.