Eh bien! fifre, dit M. Minxit au musicien, qu'y a-t-il de nouveau?

—C'est, répondit celui-ci, un paysan qui vient vous consulter.

—Et Arabelle, l'a-t-elle fait jaser?

—Oui, M. Minxit, il vous apporte de l'urine de sa femme, qui est tombée sur un perron et a roulé quatre ou cinq marches: Mlle Arabelle ne se rappelle pas au juste le nombre.

—Diable! dit M. Minxit, c'est bien maladroit de la part d'Arabelle. C'est égal, je remédierai à cela. Benjamin, va m'attendre dans la cuisine avec le paysan; tu sauras ce que c'est qu'un médecin qui consulte les urines.

M. Minxit rentra dans sa maison par la petite porte du jardin, et cinq minutes après il arrivait dans sa cuisine, harrassé, courbaturé, une cravache à la main, et revêtu d'un manteau crotté jusqu'au collet.

—Ouf! dit-il en se jetant sur une chaise; quels abominables chemins! je suis brisé; j'ai fait ce matin plus de quinze lieues; qu'on me débotte bien vite et qu'on me bassine mon lit.

—M. Minxit, je vous en prie, lui dit le paysan lui présentant sa fiole.

—Va-t'en au diable avec ta fiole! dit M. Minxit; tu vois bien que je n'en peux plus. Voilà comme vous êtes tous; c'est toujours au moment où j'arrive de campagne que vous venez me consulter.

—Mon père, dit Arabelle, cet homme aussi est fatigué; ne le forcez pas à revenir demain.