—Je croyais que tu avais fait ta première communion?
—C'est-à-dire que j'ai été tout prêt de la faire. C'est vous qui m'en avez empêché en me faisant griser la veille de la cérémonie.
—Et pourquoi te grisais-tu?
—Parce que vous étiez gris vous-même; et que vous m'avez menacé de me battre du plat de votre épée si je ne me grisais pas.
—J'ai eu tort, dit Benjamin; mais, c'est égal, tu ne risques rien de venir avec moi; je n'en ai que pour un moment; nous serons revenus avant le catéchisme.
—Comptez là-dessus, répondit Gaspard, où un autre n'en aurait que pour une heure, vous en avez, vous, pour une demi-journée: vous vous arrêtez à tous les bouchons. Et M. le curé m'a défendu d'aller avec vous, parce que vous me donnez de mauvais exemples.
—Eh bien! pieux Gaspard, si vous refusez de venir avec moi, je ne vous inviterai pas à ma noce; si au contraire vous m'accordez cette faveur, je vous donnerai une pièce de douze sous.
—Donnez-la-moi tout de suite, dit Gaspard.
—Et pourquoi la veux de suite, polisson? est-ce que tu te défies de ma parole?
—Non, mais c'est que je ne me soucie pas d'être votre créancier: j'ai entendu dire dans la ville que vous ne payez personne, et qu'on ne veut pas vous faire saisir parce que votre mobilier ne vaut pas trente sous.