– Monsieur Ourashima! répète la même voix.

Taro se retourne une seconde fois. Quelle n'est pas sa surprise, d'apercevoir, tout auprès de la barque, la petite tortue, la tortue dont, la veille, il a sauvé la vie!

– Oh! C'est donc toi qui m'as appelé?

– Oui, c'est moi, Monsieur Ourashima. Je suis venue vous dire bonjour, et vous remercier du service que vous m'avez rendu hier soir.

– Voilà qui est bien aimable de ta part. Voyons! que pourrais-je t'offrir? Si tu fumais, je te passerais volontiers ma pipe. Mais tu ne dois pas fumer, toi!

– Non, je ne fume pas, Monsieur Ourashima. Mais, si ce n'est pas trop d'indiscrétion, j'accepterais avec plaisir une tasse de saké.

– Du saké? Tu bois donc du saké! C'est bien heureux! J'en ai justement ici une petite bouteille. Il n'est pas de première qualité, mais il n'est pas mauvais tout de même. Voici!

Et le pêcheur, emplissant une tasse, la passe à la tortue, qui l'avale d'un trait. Puis, la conversation, un instant interrompue, continue de la sorte:

– En veux-tu une seconde tasse?

– Non, merci, Monsieur Ourashima. Une seule me suffit… A propos, avez-vous déjà visité le palais d'Otohimé, la déesse de l'Océan?