Colby fit signe qu’il avait compris et les deux garçons s’éloignèrent rapidement en tirant de toutes leurs forces sur les avirons pour ne pas risquer de manquer la plate qui accomplissait l’un de ses voyages périodiques le long des réservoirs.
« C’est dommage de le voir partir, remarqua Rice après quelques instants de silence. Il est vrai qu’il reviendra souvent avec le bateau et que nous saurons ainsi ce qui se passe ailleurs. On s’y remet ? »
De vagues phrases d’acquiescement lui répondirent, mais l’enthousiasme n’y était plus. Ils arrangèrent quelques planches, se baignèrent encore, mais sans entrain. Leurs parents furent tout étonnés de les voir apparaître si en avance sur l’heure du repas.
Au lieu de s’atteler à ses devoirs après le dîner, Bob s’apprêta à sortir. Avec tous les ménagements d’usage, sa mère lui demanda où il allait et il répondit simplement :
« Faire un tour en bas. »
C’était d’ailleurs exact, mais il ne voulait pas inquiéter ses parents en leur disant qu’il se rendait chez le docteur Seever. Celui-ci avait bien spécifié à Bob qu’un autre essai de vaccin ne pourrait pas se faire avant le lendemain et en fait Bob n’avait rien de bien particulier à lui dire, ni à lui demander, mais quelque chose le préoccupait et il ne savait pas au juste quoi. Sans aucun doute le Chasseur était un ami fidèle et digne de toute confiance, mais il n’était quand même pas facile de converser avec lui. Et c’était précisément ce dont Bob avait besoin ; il fallait qu’il parlât.
Le médecin ne chercha pas à dissimuler sa surprise en l’accueillant.
« Bonsoir, Bob, es-tu tellement pressé de recevoir une nouvelle dose ? Ou as-tu appris quelque chose de sensationnel ? À moins que tu n’aies simplement pas envie d’être seul ? Peu importe la raison, entre, mon petit. »
Il ferma la porte derrière le jeune garçon et l’invita à prendre place dans un fauteuil.
« Je ne sais pas exactement ce que j’ai, docteur, ou du moins pas complètement. Je crois que c’est ce petit tour que nous jouons à Charlie qui m’ennuie. Je sais que nous avons toutes les raisons du monde de le faire et que ce n’est qu’une question de jours, mais cela me tracasse quand même.