« Pas étonnant, il y a des moustiques dans l’île, répondit le jeune homme un peu mal à l’aise de se sentir ainsi examiné.
— Tu ne m’apprends rien, bien que dans l’ensemble on parvienne à les détruire en grand nombre. Et même l’existence des moustiques n’explique pas la provenance de la malaria. Il faut qu’il l’ait récoltée quelque part. Je suis de très près tous les gens qui quittent cette île ou la visitent, comme par exemple l’équipage du navire dont certains membres viennent à terre, mais je suis certain qu’ils sont hors de question, car je connais leur état médical. Toi-même tu es resté assez longtemps parti pour attraper quelque chose, mais tu ne peux pas être soupçonné, à moins que pour te faire une blague le Chasseur ait conservé le microbe en vie.
— Le Chasseur voudrait savoir s’il s’agit d’un virus.
— Non, la malaria est causée par un microbe flagellé, un protozoaire. Tenez… » Le docteur prit un volume et trouva la micro-photographie qu’il cherchait. « Regardez cela, Chasseur. Y a-t-il eu dans le sang de Bob ou y a-t-il encore quelque chose de semblable ? »
La réponse fut immédiate.
« — Non, il n’y en a pas à présent et je ne me souviens pas d’avoir détruit de micro-organisme lui ressemblant depuis des mois. Mais je peux fort bien avoir oublié. Si Bob avait présenté les symptômes de cette maladie, vous vous en souviendriez. Le sang humain contient de nombreuses créatures qui ressemblent vaguement aux photographies que vous m’avez montrées hier, mais d’après ces représentations je ne peux pas savoir s’ils sont identiques ou non. J’aimerais beaucoup vous aider dans ce domaine, mais le but que je poursuis réclame tous mes efforts. »
— Bob, dit alors le docteur, si tu ne cherches pas à conserver l’ami que tu as actuellement pour te livrer à des études médicales, tu seras un traître à la civilisation. Mais cela ne nous fait pas avancer en ce qui concerne notre problème. Je tiens à faire remarquer que votre fugitif ne peut pas se trouver dans le corps de Malmstrom. Tout ce que vous avez dit concernant le saignement de nez est évidemment valable pour des germes de maladie. Nous ne pouvons quand même pas suspecter toutes les personnes qui ne sont jamais malades, et votre fugitif doit le savoir. »
Un long silence suivit cette déclaration et comme il menaçait de s’éterniser, Bob déclara alors :
« Il ne reste donc plus sur la liste des suspects que Norman et Hugh. Cet après-midi j’aurais certainement désigné Norman en premier, mais à présent j’en suis moins sûr.
— Et pourquoi donc ? »