« — Mais je n’ignore rien, fit remarquer le Chasseur. Je n’ai simplement pas envie de vous distraire de vos examens, car cela me paraît inutile, d’autant plus que je suis partisan d’examiner Hay et Colby de très près. Je n’ai jamais été d’avis de voir Rice en premier. »

— Et pourquoi donc ?

« — Vous lui reprochiez surtout d’avoir dormi à l’endroit où le fugitif a touché terre. Selon moi, pourtant, le criminel ne se serait jamais réfugié dans le corps d’un être courant un danger semblable à celui qui menaçait Rice à cet instant-là. »

— Le criminel n’avait rien à redouter.

« — Personnellement non, mais de quelle utilité lui aurait été un noyé, car Rice risquait fort de demeurer sous l’eau ? Je ne suis donc nullement étonné que votre camarade ne soit pas sur la liste des suspects ou des infectés, comme aurait dit sans doute le docteur Seever. »

— Bon, bon, répondit le médecin. Nous allons nous occuper aussi rapidement que possible des deux autres afin que vous puissiez vous mettre tout de suite à l’œuvre, mais je maintiens qu’une telle conduite est illogique. »

Bob avait la même impression, mais il en était venu à accorder une grande confiance au docteur, sauf peut-être sur un point précis. Il n’essaya donc pas de faire revenir le Chasseur sur sa décision et quitta la maison du médecin lorsque le soleil était déjà bas à l’horizon.

Tout ce qu’il pouvait faire était de découvrir Hay et Colby pour les surveiller.

Bob avait laissé ses camarades auprès du réservoir en construction, et sans doute y étaient-ils encore. En tout cas, leurs vélos le renseigneraient tout de suite ; de plus il avait laissé sa propre bicyclette là-haut et devait aller la chercher.

En passant devant chez les Teroa, il remarqua que Charles avait repris ses anciennes occupations de jardinage et il lui adressa un signe de main. Le jeune garçon semblait avoir repris ses esprits et son calme. Bob se souvint alors que le médecin n’avait pas encore eu le temps de lui annoncer la bonne nouvelle de son départ et espéra qu’il ne manquerait pas de le faire. Il n’avait plus aucune raison de l’empêcher de quitter l’île.