Bob trouva sa bicyclette où il l’avait laissée. En revanche, celles de ses camarades n’y étaient plus et il lui fallait à présent essayer de deviner où ils avaient pu se rendre. Il se souvint alors que Hay avait envie de travailler un peu à son aquarium et qu’il était fort possible que ce projet ait été mis à exécution. D’ailleurs, pourquoi pas celui-là plutôt qu’un autre ? Il enfourcha son vélo et s’engagea sur la route qu’il venait de parcourir. Parvenu devant la maison du docteur, il y entra en coup de vent pour s’assurer que ce dernier pensait à annoncer la bonne nouvelle à Teroa. Il s’arrêta ensuite au bord de la crique, bien qu’étant à peu près certain que ses camarades ne travaillaient pas au bateau. Il jeta un coup d’œil aux alentours et selon toute apparence il ne s’était pas trompé.
Norman avait dit qu’ils seraient obligés de gagner la petite île à la nage s’ils y allaient. Les bicyclettes auraient alors été déposées devant la maison de Norman à l’autre bout de la route. Robert se dirigea dans cette direction. Les parents de Hay habitaient une belle bâtisse de deux étages, avec de vastes fenêtres, qui ressemblaient un peu à l’habitation des Kinnaird. La seule différence était que la demeure ne se cachait pas dans la jungle comme celle de Bob. Elle s’élevait à l’endroit où le sol devenait presque plat avant d’arriver à la plage et la terre était trop sablonneuse pour que puissent y pousser les épais buissons que l’on rencontrait dans toutes les autres parties de l’île. La végétation était malgré tout assez abondante pour fournir une ombre précieuse, mais l’on pouvait se promener aux alentours sans être obligé de jouer à l’explorateur. Une sorte de petit hangar avait été construit non loin de là pour permettre de ranger les bicyclettes, et beaucoup des habitants de l’île y laissaient les leurs. Comme de juste, Bob alla y jeter un coup d’œil en premier. Il fut heureux de découvrir que ses suppositions étaient exactes. Les vélos de Rice, de Colby et de Hay y étaient accrochés. Bob y abandonna également le sien et prit ensuite la direction de la plage. À l’extrémité nord du golfe, il ne fut pas surpris d’apercevoir les silhouettes de ses trois camarades de l’autre côté de la mince étendue d’eau.
Ils levèrent la tête à ses appels et lui firent de grands signes lorsqu’il s’engagea dans l’eau. Il avait à peine fait quelques pas qu’il entendit Hay lui crier :
« Pas la peine que tu viennes ! On revient ! »
Bob fît signe qu’il avait compris et s’assit sur le sable pour les attendre. Il les vit qui regardaient autour d’eux comme pour s’assurer qu’ils n’avaient rien oublié, puis ils entrèrent dans l’eau. Ils devaient se frayer un chemin sur les coraux qui encombraient les récifs avant de trouver une eau assez profonde pour pouvoir nager. Les quelques mètres à couvrir n’étaient pas faciles à franchir avec de grosses chaussures aux pieds, mais ils en avaient l’habitude. En quelques instants ils furent près de Bob.
« Vous avez posé le grillage ? demanda celui-ci.
— Oui. On a d’abord agrandi un peu le trou. Il a une vingtaine de centimètres à présent, précisa Hay. J’ai pu avoir un peu de ciment et de la toile de cuivre. C’est solide maintenant. Le gros grillage servira de support et la toile empêchera les poissons les plus petits d’aller se balader ailleurs.
— Pourquoi ? Tu as de nouveaux pensionnaires ? Et tes photos en couleurs ? Quand as-tu l’intention de les prendre ?
— Hugh a rapporté deux anémones de mer, et on peut lui voter des remerciements à l’unanimité. J’aurais mieux être pendu que de toucher à ces trucs là.
— En tout cas, je ne recommencerai pas, affirma Hugh Colby. Je croyais qu’elles se refermaient simplement lorsque quelque chose de gros passait à leur portée, c’est bien ce qu’a fait la première, mais l’autre… Brr ! »