Il tendit sa main droite et Bob poussa un petit sifflement de sympathie. L’intérieur du pouce et les deux premiers doigts étaient couverts de petits points rouges, là où les poils de l’anémone avaient pénétré dans la peau. Toute la main jusqu’au poignet était enflée et à voir avec quelles précautions Colby remuait son bras on pouvait juger de la douleur.

« J’ai déjà été piqué par des bestioles semblables, déclara Bob, mais jamais à ce point. Quelle espèce est-ce donc ?

— Je n’en sais rien. Tu demanderas au professeur demain. En tout cas c’étaient des grosses, mais dorénavant, grosses ou petites, Hay s’occupera tout seul du recrutement pour son aquarium ! »

Bob paraissait songeur ; il trouvait vraiment curieux que tous ces événements eussent pu se produire le même jour, et pourtant quatre ou cinq des principaux suspects étaient déjà éliminés. On ne pouvait pas sortir de là ! Sans aucun doute, si Hugh avait pu transporter une des anémones sans se faire piquer on aurait pu le soupçonner d’être l’hôte du fugitif, car en admettant même que celui-ci soit demeuré indifférent à la douleur de l’homme qui l’abritait, il n’aurait certainement pas voulu que celui-ci fût obligé de rester plusieurs jours sans se servir de sa main.

En procédant par élimination on s’apercevait que, de toute la liste, seul Norman Hay demeurait au premier plan.

Bob décida d’en parler au Chasseur dès que possible.

Jusque-là toutefois, il ne devait rien laisser paraître de ses intentions.

« Savez-vous ce qu’est devenu Tout-Petit ? demanda-t-il.

— Non, que lui est-il arrivé ? » répliqua Rice.

Tout au plaisir d’apporter une nouvelle sensationnelle, Bob oublia sur-le-champ cette préoccupation.