Il raconta avec force détails la maladie de leur camarade et s’étendit sur la réaction du docteur qui ne parvenait pas à imaginer où Tout-Petit avait pu attraper la malaria. Tous semblaient fortement impression nés et Hay paraissait même un peu mal à l’aise. L’intérêt qu’il portait aux questions de biologie lui avait permis d’acquérir certaines connaissances sur la propagation des maladies contagieuses.

« Je crois que nous ferions bien de voir un petit peu dans les bois s’il n’y a pas de mares ou de l’eau stagnante, proposa-t-il. Il faudrait y verser du pétrole ou s’arranger pour les faire disparaître. S’il y a de la malaria dans l’île, nous sommes tous en danger si des moustiques vont piquer Tout-Petit.

— On pourrait toujours demander au docteur, répondit Bob, moi je crois que c’est une bonne idée. En tout cas, ce sera un drôle de boulot.

— Et alors ? Je préfère ça plutôt que d’attraper la malaria. J’ai lu des bouquins là-dessus et ça n’a pas l’air d’être drôle.

— Je me demande si on pourra voir Tout-Petit, déclara Rice. Pour cela aussi il faudra demander au médecin.

— Allons-y tout de suite.

— Je voudrais d’abord savoir l’heure, car j’ai l’impression qu’il est tard. »

Cette idée parut raisonnable à tout le monde, et leur bicyclette à la main ils attendirent devant chez Hay que celui-ci les renseignât sur cette importante question, car leurs parents ne plaisantaient pas avec l’heure des repas. Quelques instants plus tard le visage de Hay apparut à la fenêtre et il lança :

« On va se mettre à table. Je vous retrouve tout à l’heure devant chez Bob. D’accord ? »

Et sans attendre la réponse, il disparut.