Rice semblait assez ennuyé et il déclara :
« S’il est juste à l’heure, je suis déjà en retard. Hâtons-nous et si je ne suis pas au rendez-vous après le dîner vous saurez pourquoi. »
Il avait à peu près un kilomètre à faire pour rentrer chez lui, ainsi que Bob. Colby lui-même, qui habitait tout près de chez Hay, ne perdit pas de temps et tous trois s’engagèrent à vive allure sur la route. Bob ne savait pas ce qui s’était passé chez ses camarades, mais quant à lui il dut préparer son repas et faire sa vaisselle. Lorsqu’il put enfin sortir, il ne trouva que Hay. Ils attendirent un moment sans qu’aucun de leurs camarades n’apparût. Depuis quelque temps déjà des menaces étaient suspendues au-dessus de leur tête, à cause de ces retards à l’heure des repas, et selon toute apparence l’exécution avait eu lieu.
Norman et Robert décidèrent finalement qu’il était inutile d’attendre plus et se dirigèrent vers la maison du médecin. Comme à l’accoutumée, celui-ci était là.
« Salut, messieurs, entrez. J’ai l’impression que les affaires reprennent. Que puis-je pour vous ?
— Nous nous demandons si Tout-Petit peut recevoir des visites, expliqua Hay. Nous venons d’apprendre qu’il est malade et avant d’aller chez lui nous voulions vous poser la question.
— Excellente idée et à vrai dire je ne vois aucun inconvénient à ce que vous alliez voir votre copain. Vous ne risquez pas d’attraper la malaria en respirant l’air de sa chambre. D’ailleurs il n’est pas très malade. Heureusement, nous avons des médicaments qui atténuent beaucoup les effets de la maladie. Sa température a déjà bien baissé et je suis persuadé qu’il sera tout heureux de vous voir.
— Merci beaucoup, docteur », répondit Bob qui ajouta : « Norman, si tu yeux que nous y allions ensemble, attends-moi une minute, je voudrais demander un renseignement au docteur.
— Oh ! j’ai l’habitude d’attendre », répliqua Hay d’un ton sec.
Bob sursauta un peu en entendant le ton de son camarade et ne sut quelle contenance prendre durant un instant. Le médecin vint à la rescousse.