« Bob veut parler de sa jambe et, de mon côté je préfère examiner les malades sans témoin. Cela ne te fait rien, j’espère ?

— Pas du tout… enfin… je voulais… vous demander également quelque chose.

— Je vais faire un petit tour pendant ce temps-là, déclara Bob en se levant.

— Pas la peine. Cela peut t’intéresser également, et puis cela risque d’être un peu long. Mets-toi dans un coin. » Et se tournant vers le docteur Seever, il demanda : « Docteur, pouvez-vous me dire ce que l’on ressent lorsqu’on a la malaria ?

— Je ne l’ai jamais eue, Dieu merci, mais en général, le malade commence à trembler. Puis les tremblements cessent et l’on passe alors par des alternatives de fièvre et de calme. La sudation est toujours abondante avec de brusques montées de température, assez fortes pour amener le délire. L’évolution de la maladie obéit à des règles assez bien définies et se poursuit selon le cycle d’existence du protozoaire responsable de cette maladie. Lorsque de nouveaux microbes prennent naissance et se développent, tout recommence avec les mêmes manifestations.

— La fièvre et les frissons sont-ils toujours assez graves… enfin suffisamment pour que le malade ne s’aperçoive plus de rien ou au contraire les accès peuvent-ils être très espacés ? »

Le docteur fronça les sourcils en entrevoyant où voulait en venir le jeune garçon. Bob s’efforçait de dissimuler son agitation et il avait beaucoup de mal à demeurer calme, car il avait d’autres raisons que le docteur d’être surpris.

« Parfois, répondit Seever, la maladie semble être en sommeil durant un temps plus ou moins long et l’on a vu des malades qui demeuraient un an sans avoir de nouvelles attaques. On a beaucoup discuté sur cette question et l’on en discute encore, mais personnellement je n’ai jamais connu de gens qui, une fois atteints, n’aient pas présenté de nouveaux symptômes par la suite. »

Hay semblait inquiet et l’on sentait qu’il avait du mal à formuler sa phrase suivante.

« Docteur, dit-il enfin, Bob m’a dit que vous ne saviez pas où Tout-Petit pouvait avoir attrapé cela. Je sais, naturellement, que la maladie est transmise par les moustiques, mais il faut bien qu’ils prennent les microbes sur quelqu’un ayant déjà la malaria, et… je crois bien que c’est moi qui suis responsable !