Les valises furent rapidement chargées et Bob se mit au volant. La Jeep roula sur la jetée qui menait au rivage et là, prit une route pavée qui s’enfonçait perpendiculairement à l’intérieur de l’île. Au bout de cinq cents mètres, la voiture rejoignit la route principale traversant l’île de bout en bout.
En atteignant le croisement, le Chasseur vit que d’autres dépôts s’étendaient sur le côté opposé. Il était intrigué par la masse de béton blanc d’un réservoir construit sur la colline alors que les autres réservoirs étaient dans l’eau.
À la bifurcation des chemins, commençaient aussi à apparaître les maisons d’habitation. La plupart étaient bâties du côté de la mer. Une seule se trouvait de l’autre côté, entourée d’un vaste jardin. On l’apercevait à droite, juste avant de s’engager sur la grand-route. Un jeune garçon, grand et mince, au visage bronzé, travaillait dans le jardin. En le voyant, Bob tourna brusquement son volant et lança un sifflement aigu. Le jardinier se redressa et courut jusqu’à la route.
« Bob ! Je ne savais pas que tu devais revenir si tôt. Qu’est-ce qui t’arrive, petit ? »
Charles Teroa n’avait que trois ans de plus que Bob, mais ayant terminé ses études, il prenait toujours un ton condescendant pour s’adresser à ses camarades plus jeunes. Bob avait cessé de se formaliser de cette habitude, d’autant que pour l’instant il avait assez d’arguments pour clore le bec à l’autre.
« Je n’ai rien fait de plus extraordinaire que toi, répondit Bob, du moins si j’en crois ce que m’a dit ton père. »
Le jeune Teroa esquissa une vague grimace avant de répondre :
« Papa n’aurait pas dû t’en parler. Enfin on s’est bien amusés.
— Crois-tu vraiment qu’ils allaient engager quelqu’un qui dort la moitié de la journée ? »
Bob se mordit les lèvres, se souvenant brusquement qu’on lui avait demandé de ne pas parler de ce défaut qui s’était manifesté durant la traversée.