Bob ramassa aussitôt un des fémurs du chien et s’aperçut que les autres os avaient du mal à se séparer. Il devait rester encore un peu de cartilage entre les jointures. Le jeune garçon tint l’os solidement dans sa main fermée, sachant très bien par quel moyen le Chasseur allait l’examiner. Pour la première fois, une possibilité s’offrait à lui de voir une portion du corps du Chasseur, mais il eut assez de volonté pour résister à la tentation d’ouvrir la main. L’aurait-il fait, d’ailleurs, qu’il n’aurait rien vu. Le Chasseur envoya en effet des filaments assez minuscules pour passer par les pores de la peau de son hôte, et on ne pouvait les voir à l’œil nu. L’examen se prolongea durant plusieurs minutes.

« Vous pouvez le jeter maintenant.

— Avez-vous trouvé quelque chose ?

— À peine. Mais selon toute évidence notre fugitif n’a rien à voir là-dedans. La moelle de l’os s’est décomposée normalement ainsi que le sang et les autres matières organiques qui emplissaient les tubes minuscules de l’os. On comprendrait mal ce qui aurait poussé notre fugitif à rester ici assez longtemps pour consommer toute la chair du chien et en laissant ce que j’ai découvert. Notre hypothèse des fourmis a toutes les chances d’être vraie.

— Mais vous n’en n’êtes pas certain ?

— De quoi peut-on être sûr dans ce domaine ? Cependant il faudrait admettre une coïncidence extraordinaire pour imaginer que notre arrivée à fait partir le fugitif sans lui laisser le temps de tout dévorer. Mais il faut examiner toutes les possibilités.

— Et où serait-il alors ?

— Bob, ne croyez pas que je veuille défendre cette hypothèse ridicule. Cependant si l’on veut aller jusqu’au bout, le seul endroit possible pour lui aurait été de se réfugier dans votre corps. Mais je puis vous affirmer qu’il n’a fait aucune tentative de ce genre.

— Peut-être a-t-il deviné votre présence. »

Le Chasseur aimait bien le jeune garçon, mais à certains moments, il le trouvait particulièrement énervant.