« Effectivement il a pu déceler ma présence et peut-être est-il en train de fuir à toute vitesse à travers les buissons. »
Si la voix du Chasseur avait pu être entendue, Bob y aurait décelé une certaine note de lassitude. Il se contenta de sourire et se mit à redescendre la colline. Le Chasseur remarqua pourtant qu’il faisait le tour de l’endroit où gisait le squelette du chien. Aussi improbable que pût être son hypothèse, Bob tenait beaucoup à la vérifier puisqu’il en avait la possibilité sur-le-champ.
« Vous semblez oublier qu’un de vos camarades vous attend.
— Non ! Non ! Mais ce ne sera pas long.
— Je croyais que vous aviez l’intention de faire tout le tour de ce massif de plantes piquantes et j’allais vous faire remarquer que si votre supposition est juste, vous risquez fort de tomber dans un piège. J’admets fort bien que vous n’ayez pas peur, mais essayez au moins d’être logique.
— Jolie phrase, murmura Bob, il faudra que vous m’en appreniez d’autres semblables. Si vous regardiez un petit peu autour de vous vous verriez que nous descendons vers la crique, et que l’on va rencontrer le sentier où nous étions hier, pour regagner la maison. Je sais que ce n’est pas le chemin le plus rapide, mais c’est le plus sûr. »
Bob cessa brusquement de parler et fit un bond sur le côté au moment où un petit animal jaillit soudainement d’un buisson pour aller se cacher sous un autre.
« Ces sacrés rats, reprit Bob. Si l’on pouvait seulement trouver quelques millions d’êtres comme vous pour nous débarrasser de ce fléau.
— Nous avions des ennuis semblables avec les mêmes bêtes dans mon univers, répliqua le Chasseur. Lorsqu’elles devenaient trop ennuyeuses nous les exterminions ; mais je crains qu’un problème beaucoup plus sérieux se présente à nous sous peu. D’après la tournure des événements j’ai l’impression qu’il va falloir mettre votre idée primitive à exécution, tout au moins pour examiner le jeune Teroa. »
Sans mot dire, Bob acquiesça de la tête et tout en marchant, il examinait les possibilités de réaliser son projet. Les buissons étaient plus clairsemés à présent et l’on pouvait marcher sans être obligé de baisser constamment la tête. Bob arriva à la source du ruisseau qui allait se jeter dans la crique. Même à son origine, le torrent était assez large et profond. De mémoire d’homme, la source ne s’était jamais tarie. Une épaisse végétation garnissait les bords et l’on apercevait les racines qui sortaient de place en place. Des blocs de rocher étaient tombés, formant des passages naturels recouverts de mousse. En plusieurs points un tronc d’arbre barrait le cours, provoquant ainsi de petites mares d’où jaillissaient, par endroits, de minces cascades.