Si l'auditoire pâme, Pati-Pati, dédaignant le bis, le comble en modulant une série de sons où chacun peut reconnaître le coryza du phoque, la grenouille roucoulant sous l'averse d'été, parfois le claxon, mais jamais l'aboiement du chien.

À présent, elle échange, avec un dîneur inconnu, une mimique de
Célimène:

— Viens, dit l'inconnu, sans paroles.

— Pour qui me prenez-vous? réplique Pati-Pati. Causons, si vous voulez. Je n'irai pas plus loin.

— J'ai du sucre dans ma soucoupe.

— Croyez-vous que je ne l'aie pas vu? Le sucre est une chose, la fidélité en est une autre. Contentez-vous que je fasse miroiter, pour vous, cet oeil droit, tout doré, prêt à tomber, et cet oeil gauche, pareil à une bille d'aventurine… Voyez mon oeil droit… Et mon oeil gauche… Et encore mon oeil droit…

J'interromps sévèrement le dialogue muet:

— Pati-Pati, c'est fini, ce dévergondage?

Elle s'élance, corps et âme, vers moi:

— Certes, c'est fini! Dès que tu le désires, c'est fini! Cet inconnu a de bonnes façons… Mais tu as parlé: c'est fini! Que veux-tu?