Et il cherchait, lissant la robe froissée, nouant le ruban de la ceinture, calmant les raides cheveux dressés dans le vent, il cherchait à remodeler sur elle la forme de la petite idole entrevue...
[III]
—Les vacances, à présent, c'est l'affaire d'un mois et demi, quoi!...
—Un mois, dit Vinca. Tu sais bien que je serai le vingt septembre à Paris.
—Pourquoi? Ton père est libre jusqu'au premier octobre, tous les ans.
—Oui, mais maman et moi, et Lisette, nous n'avons pas trop de temps, du vingt, septembre au quatre octobre, pour les affaires d'automne,—une robe pour aller au cours, un manteau, un chapeau pour moi, et la même chose pour Lisette... Je voulais dire nous, les femmes, enfin...
Phil, couché sur le dos, jeta des poignées de sable en l'air.
—Ah! là là...«Vous, les femmes...» Vous en faites des embarras, pour tout ça!
—Il faut bien... Toi, tu trouves ton complet préparé sur ton lit. Tu t'occupes juste de tes chaussures, parce que tu les achètes chez un marchand où ton père te défend d'aller; le reste, ça te pousse tout seul. C'est bien commode, vous, les hommes!...
Philippe s'assit d'un coup de reins, prêt à répondre à l'ironie. Mais Vinca ne se moquait pas. Elle cousait, bordant d'un feston rose une robe en crépon du même bleu que ses yeux. Ses cheveux blonds, taillés à la Jeanne d'Arc, allongeaient lentement. Elle les divisait quelquefois sur la nuque, et liait de rubans bleus deux courts balais couleur de blé, au long de chaque joue. Depuis le déjeuner, elle avait perdu un de ses rubans, et la moitié de sa chevelure battait, en rideau éployé, la moitié de son visage.