—Une galette! et on l'a pas dit au maire?
—Au maire? Pourquoi?
—Fallait le dire au maire!
Bel-Gazou désigne, à travers les branches, les tuiles brunes d'un village:
—Au maire, là-bas! C'est défendu, la galette, à cose de la guerre.
—Mais....
—Et le maire il aurait venu trouver le Chaperon-Rouge, et il aurait dit: «Monsieur, je vous réqui ... réqui ... réquiquitionne votre galette! On prend pas la farine pour faire la galette pendant la guerre! Et vous payerez mille sous! Et c'est comme ça!»
—Mais voyons, Bel-Gazou, le Chaperon-Rouge c'est une histoire très vieille! A ce moment-là il n'y avait pas la guerre!
—Pas la guerre? Ah? Pourquoi il n'y avait pas la guerre?
Le nez charmant se baisse, se lève, la petite main reprend la mienne, mais le pas ralenti de Bel-Gazou, un saut, deux sauts de chevreau irrésolu disent le doute, l'impuissance devant le mystère: «Pas la guerre?» C'est vrai, elle ne peut pas imaginer.... En août 1914, elle avait douze mois.