—Comment? tu es là?

—Tu vois.

Il a dû errer longtemps, lui aussi: on le devine au cuir poudreux de ses bottines...

—Pourquoi n’es-tu pas à ton bureau, Antoine?

—Si on te le demande, tu diras que tu n’en sais rien.

Minne croit rêver. Comment! elle rentre toute gentille, fatiguée, amusée d’avoir semé le limier, et elle tombe sur cet ours grossier!

—C’est comme ça? Eh bien, mon cher, si tu as autant de loisirs pourquoi ne les emploies-tu pas à m’espionner toi-même?

—À t’esp...

—Mais oui. Je ne sais pas à qui tu t’adresses, mais on se fiche de toi, tu sais. Quel personnel! Ma parole, cet après-midi, j’en avais honte pour toi! Un homme à qui j’aurais fait l’aumône! Hein? ce n’est pas vrai? dis que je suis folle! Veux-tu que je te donne mon itinéraire? Tu pourras le contrôler avec le rapport de tes agents!...

Elle récite, d’une voix de tête insupportable: