—Si!
—Non!
—Si!
Et elle jette comme un argument sans réplique:
—Si! je te dis, puisque c’est mon amant!
L’effet, sur Antoine, d’un mot aussi catégorique est au moins surprenant. Toute son attitude obstinée et tendue s’assouplit. Il pose son porte-plume, soigneusement, au bord de l’encrier, se lève sans renverser sa chaise et s’approche du lit où trépide Minne. Elle ne fait pas attention qu’aux prunelles d’Antoine luit la singulière et fauve douceur d’une bête qui va bondir...
—Tu as un amant? tu as couché avec lui? demande-t-il très bas.
Comme sa voix appuie, presque mélodieuse, sur les derniers mots!... La vive rougeur de Minne avoue, croit-il, sa faute.
—Certainement, monsieur! j’ai couché avec lui!
—Oui? Où donc?