—Tu y es, Antoine?... «Ta dangereuse carrière. Mon bien-aimé... quand me retrouverai-je dans tes bras et respirerai-je ta chère odeur?...»
Une grande vague amère emplit le cœur de celui qui écrit. Il endure tout cela comme un rêve pénible, dont on souffre à mourir en sachant que c’est un rêve.
—«Ta chère odeur... Je voudrais parfois oublier que je fus à toi...» Tu y es, Antoine?
Il n’y est pas. Il tourne vers elle une figure de noyé, une figure enlaidie et suffoquée qui irrite Minne sur-le-champ:
—Eh bien, va donc!
Il ne va pas. Il secoue la tête comme pour chasser une mouche...
—Tu ne dis pas la vérité, dit-il enfin. Ou bien tu perds la tête. Tu n’as pas appartenu à un homme.
Rien plus que l’incrédulité ne peut exaspérer Minne. Elle ramasse sous elle, avec une grâce brusque, ses jambes cachées. Les lumineux yeux noirs, dévoilés, accablent Antoine de leur colère:
—Si! crie-t-elle, je lui ai appartenu!
—Non!