—Il y a?... insiste Minne, très coquette.

Chaulieu, du menton, désigne Antoine:

—Mais... celui-là, de qui les biceps me semblent compter... Hé! Maugis, qu’est-ce que tu en dis?

Maugis, embêté au fond, ricane, pose lourdement ses coudes sur la table, exagère la vigueur de son large dos:

—Mon vieux, pourvu qu’une femme ait des faiblesses, la force du mari, moi, je m’en fiche!

—C’est une opinion.

—Dites donc, petite madame blonde, il a l’air occupé votre mari?

—Très occupé! Irène Chaulieu, dès qu’elle a vu le jeu de Maugis, a résolument tourné le dos à l’Immortel et s’est jetée sur Antoine, sur le mari, sur l’ennemi... Elle lui masque tout un côté de la table, de son chignon gonflé et lâche, de son éventail ouvert, de son épaule évadée du corsage... Elle l’ahurit de paroles, se découvre un intérêt récent et passionné pour le barbytos.

—Mais, mon cher, c’est une révolution dans la musique!

—Oh! c’est beaucoup dire! hasarde loyalement Antoine.