—Une... une zibeline plus grande!!! Je ne suis pas Rothschild, moi!
—Moi non plus. Ou bien... attendez... vous auriez dû avoir un manteau sérieux, en fourrure moins chère, qui ne serait pas de la zibeline...
Dépêtrée de sa voilette, mon amie laisse tomber ses bras fatigués.
—Une autre fourrure!... Il n’y a pas de fourrure vraiment chic, vraiment habillée, en dehors de la zibeline... Une femme chic sans zibeline, sérieusement, ma chère, de quoi a-t-elle l’air?
De quoi, en effet, peut-elle bien avoir l’air? Je n’en sais rien. Je cherche, en caressant des orteils, au fond de mon lit, ma “boule” en caoutchouc...
Le feu craque et siffle, un feu campagnard et sans vergogne, qui pète et lance de petites braises roses...
—Valentine, vous allez être bien gentille et vous occuper du ménage. Tirez la table à thé contre le lit. L’eau bouillante est devant le feu! les sandwiches, le frontignan, tout est là... vous n’aurez pas à sonner Francine; je ne serai pas forcée de me lever; on va être tranquilles, gourmandes, paresseuses... Otez votre chapeau, vous pourrez appuyer votre nuque aux coussins... Là donc!
Elle est gentille, sans chapeau. Un peu modiste, un peu mannequin, mais gentille. Un beau rouleau de cheveux dorés s’abaisse jusqu’à ses sourcils châtains et soutient une grosse vague ondulée;—au-dessus, il y a encore une vague plus petite, et puis encore au-dessus, en arrière, des boucles, des boucles, des boucles... C’est appétissant, propre, à la fois crémeux et net, compliqué comme un entremets de repas de noces...
La lampe,—j’ai fait clore persiennes et rideaux,—jette au visage de mon amie un fard rose; mais, malgré la poudre de riz en nappe égale et veloutée, malgré le rouge des lèvres, je devine les traits tirés, le sourire raidi... Elle s’appuie aux coussins avec un grand soupir de fatigue...
—Claquée?