—Ne riez pas, c’est terrible dehors! Avez-vous de la chance, tout de même, d'être couchée! Quatre degrés sous zéro; tout le monde va mourir.
De fait, le visage de mon amie a tourné au lilas, le lilas un peu verdâtre des prunes qui commencent à mûrir...
Un splendide costume tailleur, en velours souris, la moule, l’épouse du col aux pieds. La jaquette surtout, oh! la jaquette!... étroite en haut, évasée en bas, la basque brodée battant le genou, comme une seconde petite jupe... Et on a jeté là-dessus, par quatre degrés sous zéro, une étole de zibeline, un coûteux chiffon de fourrure inutile,—et on meurt de froid et on a le nez mauve.
—Petite buse! Vous ne pouviez pas mettre votre paletot en breitschwanz, au moins?
Elle se tourne à demi, les mains au chapeau, égarée dans sa voilette:
—Mais non, je ne pouvais pas! Avec cette mode de jaquettes longues, les basques de celle-ci dépassent sous mon manteau de breitschwanz, alors, je vous demande un peu, de quoi est-ce qu’on a l’air?
—Il fallait allonger le paletot de breitschwanz.
—Merci! et puis quoi encore! Max est très chic, et pas trop cher, mais tout de même...
—Il fallait... acheter une zibeline plus grande...
Mon amie vire sur moi comme si elle allait me mordre.