Elles seront, soit à la circonférence du quartier militaire, soit dans les arrondissements les plus éloignés du centre, pour commander les grandes avenues et les faubourgs remuants.
Chaque mairie, avec une caserne en face ou attenante, pour 1, 2 à 3 bataillons de ligne, dominera sa circonscription délimitée militairement; une place ou une cour intermédiaire liera ces deux établissements jumelés, qui formeront centre de défense et d'approvisionnements de tous genres à débouchés nombreux.
Ainsi le ralliement des gardes nationaux devient facile; et en revêtissant l'uniforme de ces derniers, les insurgés ne peuvent dominer, par surprise, dans les mairies ou légions.
313. De l'établissement de l'administration municipale dans un hôtel de ville central, d'où surgissent ordinairement les pouvoirs révolutionnaires, résultent, pendant la crise, l'isolement, l'antagonisme des autorités principales, la nécessité de la dispersion des forces.
On en finirait, avec chacun de ces forum de l'anarchie, en y établissant, soit une caserne, soit un hôpital civil: l'administration centrale serait placée dans le quartier militaire, sous la main du chef du Gouvernement.
Peut-être même, malgré tous les inconvénients d'un ordre différent qui pourraient en résulter, conviendrait-il de diviser chacun de ces pouvoirs uniques, dangereux et presque toujours si mal placés, en plusieurs grandes directions civiles établies au centre des divisions militaires de ces capitales, correspondant à ces divisions, et centralisant chacune trois ou quatre arrondissements avec les banlieues attenantes.
Avoir, dans chaque état, dans chaque grande capitale, plusieurs centres importants d'une administration unique, c'est fractionner et affaiblir la révolte; les réunir, tout en divisant les pouvoirs, séparant les attributions et multipliant les spécialités, c'est désarmer; il ne reste de centralité et de fort que l'anarchie.
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314. Un ordre pareil à ceux qui existent dans les places de guerre, pour les cas d'alerte, étudié et rédigé d'avance, d'après les principes précédents, serait connu de tous les chefs militaires, de manière à ce que chacun puisse s'y conformer, au premier avertissement.
Ainsi la concentration de tous les corps sur leurs positions de combat, s'ils n'y sont déjà établis en permanence, se fera militairement, par une agglomération progressive le long de communications faciles et assurées, dans le temps convenable et sans que ces corps cessent un moment d'être utiles à la répression, sur la voie stratégique qu'ils parcourent.