315. Ces principes, d'après lesquels la troupe doit être employée pour réprimer les émeutes, sont écrits dans l'histoire des guerres civiles qui, à diverses époques, ont désolé le monde; par les événements de Paris en 1830 et 1832, ceux de Lyon en 1831, ils avaient acquis un tel degré d'évidence qu'il eut été impardonnable de les méconnaître.
Disperser la troupe par pelotons, sur les places et rues, sans moyens d'attaque ou de défense, au fur et à mesure que les émeutiers s'y agglomèrent; la laisser ainsi stationner au milieu de ces derniers, sans repos ni abris, et quelquefois sans vivres; suivre le désordre partout où il lui convient d'agir et de prendre position, sans réserves ni bases fixes, ni points d'appui ou centres de commandement, ce serait ne pas agir militairement et compromettre le salut de l’État.
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316. Les armées, leurs nobles institutions, les principes salutaires et traditionnels d'où résultent la force, la discipline, la fidélité au drapeau, l'énergie du devoir sont les soutiens des États.
Par leurs institutions, par la nature du service habituel, par le maintien de la force militaire dans les meilleures conditions, les armées, restent mobiles et puissantes.
En temps de paix, les corps dont la spécialité, dont l'organisation fortifient la discipline, sont relativement plus nombreux.
Partout, le militaire demeure complètement étranger aux passions qui divisent le pays, et au milieu desquelles son intervention calme pourrait être réclamée.
Banni d'une société, l'ordre régnerait encore longtemps dans son armée.
317. L'état-major général est un des principaux éléments de force; il s'entretient actif et vigoureux, dans l'exercice le plus large du commandement et de l'initiative.
Le commandement est fortifié par une centralisation réelle des spécialités; c'est un principe salutaire de force pour la société européenne.