Certains cabarets sont les clubs les plus dangereux, les véritables lieux de dépôt, d'organisation, de recrutement, d'excitation et les centres d'action de l'émeute; c'est là que les insurgés passent leurs revues, et sont entretenus sur le pied de la révolte: c'est de là que part le signal.

Dans les cabarets sont détournés les fruits du labeur journalier; les familles délaissées, oubliées, y voient une cause incessante de misère et de désordres intérieurs; beaucoup de délits, de crimes publics ou privés s'y préparent également: de toutes les prépondérances, la plus regrettable serait celle de l'estaminet.

329. Les armuriers et les débitants de poudre, commissionnés et constamment surveillés, seraient tenus d'inscrire sur leurs registres, à chaque vente, les noms, la demeure et la qualité de l'acquéreur assisté de témoins.

Leurs boutiques, autant que possible voisines des mairies, casernes ou postes, seraient solidement grillées et closes; pendant l'émeute, on ne pourrait pas les forcer facilement.

Les magasins ne contiendraient pas au delà d'une certaine quantité d'armes et de munitions; les premières seraient démontées et incomplètes. La fabrication de la poudre coton, sévèrement punie en tout temps, le serait plus encore pondant l'émeute.

En temps anormal, et dans une capitale complètement organisée en vue de périls journaliers, n'y aurait-il même pas lieu d'exagérer toutes ces précautions, pour quelques quartiers les plus importants?

Ainsi, les principaux magasins indispensables, pendant une insurrection, pour les approvisionnements de tous genres, pourraient être, soit à l'abri de toute attaque, par la solidité de leur clôture; soit groupés autour des mairies et de quelques positions tertiaires déterminées à l'avance.

Pendant la lutte, la vente s'y ferait à des heures déterminées, en présence des agents de l'autorité; l'action de la troupe et de la garde nationale, vis-à-vis d'une insurrection privée de moyens, serait d'autant mieux assurée.

330. Les clochers, d'où l'on pourrait tirer des coups de fusil et sonner le tocsin; les édifices publics, non susceptibles d'être gardés pendant la lutte, seraient bien clos dans le pourtour de leur rez-de-chaussée et fermés de portes assez solides pour qu'on ne puisse s'y introduire facilement; au besoin, les clefs de l'escalier de chaque clocher seraient de suite remises aux mairies.

On ne perd pas de vue les maisons particulières qui enfilent les rues, dominent les environs et les carrefours: on empêche qu'elles ne soient occupées par les rebelles; on les garnit, s'il le faut, de fusiliers.