Si des troubles graves, si des circonstances anormales nécessitaient éventuellement la présence d'une force armée plus considérable et son intervention, la garnison serait bientôt secourue par une ou plusieurs divisions, survenant pour agir d'une manière militaire et avec d'autant plus de chances de succès.
À l'aide des communications par chemins de fer ou bateaux à vapeur, des camps convenablement placés pourraient ainsi exercer au loin leur puissante action.
Napoléon, alors qu'il était obligé de jouer chaque jour la fortune du monde aux extrémités de l'Europe, et à une époque où n'existait pas la même rapidité de communications, contenait ou défendait les contrées laissées au loin derrière lui, avec un petit nombre de camps successivement renforcés, au besoin, par des réserves d'élite agissant, sur une circonférence de 7 à 8 journées de marche, à l'aide de relais de postes habilement organisés.
§ II.
DISPOSITIONS PENDANT L'ÉMEUTE.
335. Si la majeure partie de la population est contre l'émeute, l'autorité l'invite, dès les premiers rassemblements, à porter un signe qui la distingue des révoltés et constate leur isolement.
L'autorité municipale, les chefs de légions, les agents de sûreté empêchent également que les insurgés ne se glissent travestis dans les compagnies de la garde nationale, ou n'agissent au nom de celle-ci.
336. Par d'incessantes patrouilles jumelées, lancées de chacun des centres d'action sur des directions parallèles et voisines, on cerne, on dissipe les groupes; on y arrête les meneurs, serait-ce dans la proportion de un sur dix, de manière à intimider l'émeute, à dissoudre ses cadres.
Dans chaque mairie, une commission permanente met de suite en liberté la moitié ou le tiers des moins coupables, parmi les individus arrêtés: on interroge, on fait observer les autres.
* * * * *