15. En 1488, les soldats allemands de Maximilien pillaient la campagne; ses courtisans étaient logés chez les bourgeois de Bruges, et en exigeaient une table splendide; ils cherchaient à séduire leurs femmes et leurs filles; souvent ils les maltraitaient; les menaçait-on de porter plainte au roi des Romains, ils répondaient: Maximilien nous permettra de baigner nos bras dans le sang bourgeois.

Le 1er février, après la révolte de Gand, Maximilien crut intimider le peuple par une grande revue de ses troupes sur la place: le comte de Sornes commanda: abaissez les piques; les soldats répondirent par le cri de vive le roi; les bourgeois croyant qu'on allait les charger, coururent aux armes. Tout à coup 52 bannières furent déployées, la place du marché occupée, et 49 canons dirigés contra l'hôtel de Maximilien; celui-ci, bloqué avec sa garde, s'estima heureux d'éviter les hostilités qu'il avait voulu provoquer; il signa, le 16 mai, avec la révolte, un traité, mal exécuté depuis, par suite duquel il devait évacuer la Flandre en huit jours, renonçant à ses droits et se contentant d'une pension de 6,000 livres: la jactance, les exactions, les provocations n'ont jamais réussi.

* * * * *

16. En mai 1547, une insurrection éclata à Naples, par suite des intrigues des Français et de l'inquisition que don Pedro de Toledo, gouverneur espagnol, voulait introduire.

Aucune des promesses de secours de la France ne se réalisa; les députés de la noblesse napolitaine n'obtinrent de Charles-Quint que l'ordre d'obéir; des troupes espagnoles arrivèrent de toutes parts, contre Naples, qui dut se soumettre.

Le 12 août, après l'exécution des principaux chefs de la révolte, et une amende de 100,000 ducats d'or imposée à la ville, une amnistie fut publiée.

* * * * *

17. En 1548, lors des ordonnances de François Ier pour rendre le prix du sel uniforme, Tristan de Monneins, lieutenant du roi de Navarre, s'était rendu odieux dans la Guienne par sa sévérité. Il eut la malheureuse idée de venir de Bayonne à Bordeaux pour intimider, par la menace des châtiments réservés aux révoltés, ce peuple jusque-là tranquille.

La multitude, rassemblée par lui, vit ses forces et s'unit pour se venger de proclamations impolitiques. Elle se porta à l'arsenal, y prit des armes, et vint assiéger Monneins dans Château-Trompette.

Le président au Parlement de Bordeaux, La Chassagne, obtient du peuple une capitulation pour Monneins: mais, voyant ce dernier assassiné, et tant d'excès commis, il se réfugie dans un couvent.