La Chassagne pressé par le peuple de prendre l'autorité, adopta immédiatement les mesures suivantes, dans l’intérêt de l'ordre et du gouvernement dès ce moment menacés:

1° Fermeture des portes de la ville, après renvoi des paysans accourus pour prêter main-forte à la révolte;

2° Milice bourgeoise armée et organisée, pour fournir des corps du garde et des patrouilles dans toutes les rues;

3° Réouverture des tribunaux; arrestation, jugement et exécution des principaux chefs de la révolte, à commencer par celui qui avait appelé aux armes en sonnant le tocsin.

Le connétable, venu à Toulouse pour y réunir les troupes et marcher sur Bordeaux, repoussa une députation de cette ville, demandant que les landsknechts n'y entrassent pas. Nonobstant la soumission d'une cité qui aurait pu se défendre, il y pénétra par une large brèche qu'il fit ouvrir à travers les murailles, cantonna militairement ses troupes dans les principaux quartiers de la ville, procéda au désarmement des habitants et fit transporter les armes au château.

Une information sévère eut lieu; 140 chefs furent successivement exécutés; la ville elle-même perdit tous ses priviléges; la maison de ville dut être rasée, et toutes les cloches transportées dans des châteaux fortifiés exprès; deux galères seraient équipées pour défendre les gouverneurs de la province contre une nouvelle révolte: toutes les dépenses nécessitées par ces mesures furent à la charge de la ville.

Le 9 novembre, le connétable quitta Bordeaux, en y tenant le comte de
Lude, avec une forte garnison devenue désormais nécessaire.

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18. Pendant les journées du 11 au 17 mai 1562, les réformés, quoique maîtres de l'hôtel de ville, dès le 11, échouèrent dans leur projet de s'emparer de l'intérieur de Toulouse.

25,000 protestants, ayant pour eux les huit capitouls, devaient célébrer la Cène le 17 mai; le parlement leur défend de s'assembler et ordonne aux étrangers de sortir de la ville.