En cas du révolte dans la ville, autour de laquelle toutes les troupes étaient constamment concentrées ou casernées sur leurs positions de combat, 6 bataillons et 7 escadrons des faubourgs pouvaient arriver par les quatre portes, le surplus des forces extérieures restait sous les armes.

Il est curieux de lire, dans la correspondance de Louvois et de Luxembourg, les motifs et les détails de ces mesures de prévoyance longuement et habilement préparées.

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24. La surprise de Crémone, par le prince Eugène, en 1702, donne lieu aux remarques suivantes:

Celui des deux partis qui compte sur un secours, doit occuper, approvisionner, organiser en réduit une position communiquant avec la campagne, ainsi que les bâtiments, clochers ou postes voisins.

Il partira de là pour s'emparer: 1° des portes ou poternes de l'enceinte de la ville; 2° des coupures, passages et ponts existant au travers des vieilles fortifications, murs de terrasse, rivières à l'intérieur, afin de resserrer davantage l'autre parti, d'intercepter ses communications avec le dehors et diviser ses forces au dedans.

Si on ne peut garder ces passages, on les coupe, ou au moins on les barricade.

On marche à ces défilés, la cavalerie soutenant l'infanterie, les flancs éclairés; on laisse, entre soi et le réduit, une réserve; et sur les flancs, des petits corps de garde pour n'être pas pris de côté ou par derrière.

Si l'on peut se glisser le long d'un obstacle on n'aura qu'un flanc à couvrir.

On attaque ces positions sur plusieurs têtes de colonnes, par différentes rues, en flanc, en tête, en queue, la cavalerie échelonnée sur les côtés pour protéger; des tirailleurs, aussi bien abrités que possible, visent continuellement aux créneaux les plus dangereux; on incendie, on menace d'incendier les bâtiments les plus résistants; et, si on ne le peut, on occupe autour des points dominants.