4 brigades, espacées de 800 mètres les unes des autres et du quartier général, fortes chacunes de 2 à 3 bataillons et escadrons, 6 à 10 pièces, devaient occuper au sud, à l'ouest, au centre, au nord de la ville, mais de trop loin et sans communications suffisamment assurées, les avenues du quartier général; surveiller et contenir les troupes polonaises, le pont et le faubourg de Praga.

Le 6, à quatre heures du matin, les polonais commencèrent les hostilités, ayant pour principal but de parvenir au quartier général.

Les 2 bataillons, 2 escadrons, 9 pièces de la brigade Milaschewicz occupaient, au sud, le carrefour des Trois-Croix et les grandes rues en arrière, vers le centre de la ville, pour contenir le régiment polonais Dzialinsky dans ses casernes.

La tête de cette brigade et ses postes de flancs laissèrent passer ce régiment: le reste de la brigade l'arrêta et parlementa avec lui pendant 3 heures, sans se mettre en mesure d'agir; lorsque les hostilités commencèrent, les compagnies contre lesquelles les Polonais s'étaient présentés, se battirent seules pendant plusieurs heures, sans être soutenues par le reste de la brigade: cette dernière troupe, qui eût décidé le succès contre le régiment polonais, ne donna plus signe de vie pendant les journées du 6 et du 7.

Les deux bataillons de grenadiers, deux compagnies, trois escadrons et dix pièces de la brigade Van Suchteln, placés depuis le palais de Saxe jusqu'aux barrières de Wola et de Jérusalem, de l'est à l'ouest de la ville, dans la partie centrale la plus importante et la plus facile à tenir, près de laquelle le corps prussien et le parc auraient dû être réunis, restèrent inactifs, sans se garder, sans voir d'ennemis sérieux, sans marcher au secours du quartier général, faute des ordres et de la présence du général de brigade.

Le général Nowiczky vint prendre ce commandement abandonné; et s'exagérant la position de la 1re brigade, fit sortir la 2e brigade de la ville, à 11 heures du matin, par une porte ouest; il prit position en carré, à 500 mètres de l'enceinte, avec le parc d'artillerie laissé à Wola, sous la garde de deux compagnies et d'un escadron; en ce moment, Nowiczky disposait de 4 bataillons, 5 escadrons et 24 canons.

De ces troupes, sorties si mal à propos de Varsovie, il en rentra 3 bataillons, 4 escadrons et 16 pièces, en une colonne profonde, à 2 heures et demie du soir; la tête parvint jusqu'au palais de Saxe, à 500 mètres du général en chef, dans un quartier tranquille et ouvert.

Mais, après trois heures de station, alors que l'insurrection se croyait perdue à la vue d'une pareille colonne, contre laquelle aucun coup de fusil n'avait été tiré des fenêtres, on fut étonné de voir cette troupe, à 6 heures du soir, rétrograder jusqu'au dehors de la ville, devant 50 émeutiers qui faisaient mine de lui disputer le passage avec un canon. Des compagnies entières de ce corps s'étaient débandées pour piller: elles furent plus tard massacrées ou prises.

La colonne rejoignit, sans être nullement inquiétée, le général Nowiczky qui l'avait détachée; le corps entier fit halte jusqu'à minuit, puis se retira à deux lieues de la ville; le lendemain, à midi, le général Nowiczky se mit en marche, avec tout son monde, vers les grands équipages, vis-à-vis Karczew, sans s'occuper de ce qui se passait en ville. Le 19 avril, à Sgersche, le général en chef eut seulement des nouvelles de ce corps.

Les trois bataillons et deux escadrons de la brigade du comte de Zouboff devaient garder le centre de la ville, plus au nord, direction ouest-est, ainsi que le passage de la Vistule.