Elle fit une liste de tout ce qu'elle avait à lui demander, alla mettre son chapeau et courut la rejoindre pour parler de leur projet.
—Ah! vous êtes chez vous! quelle chance! j'ai tant à causer pour ce voyage! D'abord, j'ai trouvé une malle. À présent, que faut-il mettre dedans?
—Le moins possible, répondit Avertie. Le nécessaire, tout juste: une robe du soir, un bouquet pour vos seins, vos perles, un peu de linge, une boule d'eau chaude en caoutchouc, et de bonnes chaussures...
—Et ma pharmacie?
—Comment, votre pharmacie?
—Ah! ma chère, voilà que déjà vous faites une tête sévère, mais vous ne savez pas ce qu'il faut pour un vieux corps comme le mien! Mes sachets, mes bains de bouche, mon Eau mère...
Avertie, qui a prêté une oreille distraite:
—Tout ça c'est des bêtises. Que votre bagage soit ordinaire, solide et fermant bien. Puis, ayez une bonne valise dans laquelle vous mettrez vos objets de toilette les plus simples, en toc... en celluloïd, c'est plus léger—et surtout pas d'étalage d'argenterie, de nécessaire, comme vous m'en encombrez dans vos déplacements à la campagne. Ces élégances sont bonnes pour les voyages de noces quand le mari, tout frais, les porte ou le valet de pied!
—Mais... vous me parlez de valise, comme si j'en avais!
—Et les boutiques pourquoi sont-elles faites?