Une chose me paraissait surprenante: la nature de la tache qui courait sur ma main. C’était une lueur glacée, sanglante, n’éclairant pas.—D’autre part, comment se faisait-il que je ne voyais aucune ligne de lumière sous la porte, dans le corridor?—Mais, en vérité, ce qui sortait ainsi du trou de la serrure me causait l’impression du regard phosphorique d’un hibou!
En ce moment, l’heure sonna, dehors, à l’église, dans le vent nocturne.
—Qui est là? demandai-je, à voix basse.
La lueur s’éteignit:—j’allais m’approcher...
Mais la porte s’ouvrit, largement, lentement, silencieusement.
En face de moi, dans le corridor, se tenait, debout, une forme haute et noire,—un prêtre, le tricorne sur la tête. La lune l’éclairait tout entier à l’exception de la figure: je ne voyais que le feu de ses deux prunelles qui me considéraient avec une solennelle fixité.
Le souffle de l’autre monde enveloppait ce visiteur, son attitude m’oppressait l’âme. Paralysé par une frayeur qui s’enfla instantanément jusqu’au paroxysme, je contemplai le désolant personnage, en silence.
Tout à coup, le prêtre éleva le bras, avec lenteur, vers moi. Il me présentait une chose lourde et vague. C’était un manteau. Un grand manteau noir, un manteau de voyage. Il me le tendait, comme pour me l’offrir!...
Je fermai les yeux, pour ne pas voir cela. Oh! je ne voulais pas voir cela! Mais un oiseau de nuit, avec un cri affreux, passa entre nous et le vent de ses ailes, m’effleurant les paupières, me les fit rouvrir. Je sentis qu’il voletait par la chambre.
Alors,—et avec un râle d’angoisse, car les forces me trahissaient pour crier,—je repoussai la porte de mes deux mains crispées et étendues et je donnai un violent tour de clef, frénétique et les cheveux dressés!