—Roi, voici la lèpre qui vient du désert!
Et les femmes de la reine Naëma, les radieuses Ammonites, ajoutent, en dialecte jébuséen:
—Fils de l’amour! Un signe de ta droite puissante vers la contrée du fléau!
Dès les premiers ordres d’Helcias, Iarobëam, bondissant sur l’un des chevaux du roi, s’est précipité à travers les dalles des terrasses et a disparu vers Ir-David.
L’atmosphère semble chargée d’un poids très lourd: elle cesse lentement d’être de celles que peut respirer l’Humanité.
Comme aux soirs du Déluge, une pluie inconnue tombe, au dehors, en larges gouttes pressées: la nuit, cependant, reste claire au-dessus des ombres, dans les cieux.
Les Médecins de la ville-basse qui sont demeurés assis, avec des sourires, se dressent brusquement et, bégayant en mémoire du Législateur, montrent, du bout de leurs bâtons d’olivier, les danseuses de Nephtali:
—Ce sont les violatrices des étrangers. Elles portent le ferment des contagions, allumé par les anciens adultères! Ce sont ces femmes de qui proviennent les émanations mortelles! Consultez le livre des Sophêtim! A la croix, ces lépreuses! Elles ont empoisonné les urnes du palais, les vieilles coupes de David.
En entendant cette accusation, les Nécromanciennes du pays de Moâb, reconnaissables à l’aileron de corbeau qu’elles portent sur le front pour toute parure et, la nuit, sur les champs de bataille, pour tout vêtement:
—Helcias! Prononce-toi contre elles devant les grands d’Israël, et que la progéniture de Khamôs invoque son père!