—Qui tua trente-deux rois, incendia deux cent trois villes!

—Et qui, à l’instigation de l’Être-des-Dieux, fit passer au fil de l’épée les femmes, les guerriers, les mulets, les vieillards, les ambassadeurs, les enfants et les otages!

—Puis s’endormit, en Éphraïm, avec ses pères, rassasié de jours et satisfait!

Un silence douloureux succède à ces lourdes clameurs militaires; l’on n’entend plus, devant le Trône, que la paisible respiration du prince Hayëm, qui s’est endormi, sur des coussins, entre les schoschannas aussi ensommeillées, et qui, naïves, le front sur son sein, tiennent encore, comme lui, des osselets d’ébène entre leurs doigts d’enfants surpris par le naturel repos.

—Déchirons nos vêtements! crient les Hébreuses épouvantées.—De la cendre, esclaves!...

Tel le vent d’orage courbe les plantes et leur souffle des mots sans suite.

Mais le roi Salomon n’est, essentiellement, ni dans la Salle, ni dans la Judée, ni dans les mondes sensibles,—ni, même, dans le Monde.

Depuis longtemps son âme est affranchie;—elle n’est plus celle des hommes;—elle habite des lieux inaccessibles, au delà des sphères révélées.

Vivre? Mourir?... Ces paroles ne touchent plus son esprit passé dans l’Éternel.